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TE#53 – PowerUp Tunisia 2026 : Glovo ouvre la route de Barcelone

Glovo ouvre son programme PowerUp aux startups tunisiennes. Candidatures jusqu’au 19 juillet, finale à Barcelone en octobre.

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Il reste douze jours. Le 19 juillet 2026, à minuit, Glovo Tunisie fermera le formulaire de candidature de PowerUp Tunisia 2026. Entre cette date et aujourd’hui, quelques dizaines de fondateurs tunisiens vont décider s’ils tentent leur chance pour un billet vers Barcelone, un mentorat avec les dirigeants d’une entreprise valorisée en milliards, et trois jours d’immersion dans l’un des écosystèmes tech les plus actifs d’Europe du Sud. Le tout, sans céder une seule part de leur capital.

L’annonce, tombée le 1er juillet, a été reprise par la quasi-totalité de la presse business tunisienne. Derrière l’effet d’appel, une question mérite d’être posée : pourquoi une plateforme de livraison de repas se met-elle à jouer les accélérateurs de startups en Tunisie ? La réponse en dit long sur la façon dont les scale-ups étrangères s’ancrent désormais dans les marchés du Maghreb.

Ce que propose PowerUp, concrètement

PowerUp Tunisia 2026 est la déclinaison locale d’un programme international que Glovo déploie sur plusieurs de ses marchés. L’objectif affiché est simple : repérer des startups à fort potentiel et renforcer l’écosystème national de l’innovation.

Le programme s’adresse aux jeunes pousses tunisiennes qui ont déjà un produit lancé ou en phase avancée de validation. Autrement dit, pas d’idée sur un coin de table : il faut du concret. Les secteurs éligibles couvrent large, l’intelligence artificielle, la fintech, la foodtech, la logistique, le e-commerce, la mobilité urbaine, les logiciels SaaS et les solutions à impact. Un fondateur qui coche l’une de ces cases et qui a un produit vivant a sa place dans la file.

Le calendrier est serré. Les candidatures courent jusqu’au 19 juillet 2026. À l’issue de la sélection, entre cinq et huit startups seront invitées à défendre leur projet devant un jury lors d’une session de pitch organisée le 30 juillet 2026 dans les bureaux de Glovo Tunisie. Une seule sortira gagnante.

Et le lot n’a rien d’anecdotique. La lauréate représentera la Tunisie au Glovo Startup Campus 2026, organisé du 6 au 8 octobre 2026 au siège mondial de Glovo à Barcelone, le fameux Yellow Park. Le voyage est entièrement pris en charge, visa, billet d’avion, hôtel. Sur place, la startup accède à des sessions de mentorat avec des experts et dirigeants de Glovo, à une immersion dans l’écosystème technologique barcelonais, à des rencontres avec des entrepreneurs, des investisseurs et des experts internationaux, et à des sessions de feedback stratégique avec des professionnels du capital-risque.

Pourquoi ce type de prix vaut de l’or aujourd’hui

Pour saisir l’intérêt, il faut se rappeler l’état du financement local. Ces dernières semaines, plusieurs analyses de l’écosystème ont pointé le même mur : beaucoup de startups amorcées, très peu capables de lever le tour suivant. Le fameux trou de la Série A tunisienne. Dans ce paysage, tout ce qui apporte de la valeur sans diluer le capital devient précieux.

Or PowerUp ne prend pas de parts. Le programme n’est pas un fonds, c’est une porte. Il offre du mentorat, du réseau, de la visibilité et un accès physique à un hub européen. Pour une startup tunisienne dont le marché domestique est étroit et la monnaie faible, cet accès vaut parfois plus qu’un petit chèque. Un fondateur qui pitche à Barcelone ne repart pas seulement avec des photos : il repart avec des contacts, un début de crédibilité internationale, et parfois la première conversation sérieuse avec un investisseur qui ne l’aurait jamais reçu autrement.

Ce n’est pas un cas isolé. La Tunisie a multiplié ces derniers mois les sorties sur les scènes mondiales, du Startup World Cup à San Francisco au salon LEAP en Arabie saoudite, en passant par le pavillon national à la London Tech Week. PowerUp s’inscrit dans la même logique : aller chercher l’oxygène là où il se trouve, hors des frontières.

La vraie question : qu’est-ce que Glovo y gagne ?

Un magazine honnête ne peut pas s’arrêter à la belle histoire. Une entreprise ne finance pas des voyages à Barcelone par pure philanthropie. Alors, qu’est-ce que Glovo vient chercher en Tunisie ?

Trois choses, au moins. La première est le capital réputationnel. Glovo, comme toutes les plateformes de livraison, opère dans un secteur régulièrement critiqué sur les conditions de travail de ses livreurs et son impact sur le commerce local. Soutenir l’innovation nationale, c’est se construire une image d’acteur engagé dans l’économie du pays, pas seulement d’extracteur de commissions. L’opération PowerUp est aussi une opération de communication, et il n’y a rien de scandaleux à le dire.

La deuxième, c’est la veille. En ouvrant ses portes à des startups de la foodtech, de la logistique et de la mobilité urbaine, Glovo se place aux premières loges pour repérer les jeunes équipes qui bâtissent des briques technologiques utiles à son propre métier. Un jury de pitch, c’est aussi un radar. Les startups qui défileront le 30 juillet livreront, gratuitement, une cartographie fraîche de l’innovation locale dans les secteurs qui intéressent directement l’entreprise.

La troisième, c’est l’ancrage. Une scale-up étrangère qui veut durer sur un marché comme la Tunisie a tout intérêt à tisser des liens avec l’écosystème, les institutions et les jeunes talents. Le mentorat d’aujourd’hui, ce sont les partenaires, les recrues ou les fournisseurs de demain.

Rien de tout cela ne retire de la valeur à l’offre. Cela oblige simplement le fondateur à entrer dans la relation les yeux ouverts. Un programme d’accélérateur porté par une entreprise n’est jamais neutre : il sert d’abord la stratégie de cette entreprise. La bonne nouvelle, c’est que les intérêts peuvent parfaitement s’aligner. Une startup foodtech qui gagne un accès au réseau Glovo peut y trouver un débouché réel, pas seulement une ligne sur son CV.

Faut-il candidater ?

La réponse dépend de votre situation. Si vous avez un produit vivant dans l’un des secteurs visés, si vous cherchez de la visibilité internationale et du mentorat plutôt que du cash immédiat, et si vous pouvez vous libérer fin juillet pour le pitch puis début octobre pour Barcelone, l’opération est difficile à refuser. Le coût d’entrée est un dossier de candidature. Le gain potentiel est un tremplin.

Si, en revanche, vous êtes en pleine levée et que votre priorité absolue est de trouver de l’argent qui prolonge votre runway, gardez la tête froide. PowerUp n’est pas un fonds. Il ne remplacera pas un tour de table. Une médaille sur scène n’a jamais payé une fiche de paie. Le programme est un moyen, pas une fin, et sa valeur se mesurera à ce que vous en ferez le lendemain du retour de Barcelone.

Le formulaire ferme le 19 juillet. Pour ceux qui hésitent encore, le calcul est simple : douze jours pour préparer un dossier, contre la possibilité de représenter la Tunisie au siège mondial d’une entreprise européenne. À ce prix-là, l’hésitation coûte plus cher que la tentative.

Sources

Webdo, « PowerUp Tunisia 2026 : Glovo lance un appel aux startups tunisiennes pour représenter la Tunisie à Barcelone », 1er juillet 2026.

Tuniscope, iT News, Tunisie Tribune, THD, « PowerUp Tunisia 2026 », 1er juillet 2026.

Entreprises Magazine, « Glovo Tunisie lance PowerUp 2026, appel à candidatures pour les startups à fort potentiel », juillet 2026.

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